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La chasse au diesel continue pour la sénatrice Aline Archimbaud

Publié 2014-07-04



Tout le monde est bien au courant qu’un véhicule roulant au diesel reste plus polluant qu’un véhicule roulant à l’essence. On parle notamment d’émission d’oxyde d’azote et de particules fines. Aussi, après les pics de pollution de mars en Ile-de-France et dans plusieurs régions françaises, Aline Archimbaud, sénatrice écologiste, a clairement annoncé : « Je ne peux pas me taire ! » Ayant avancé une proposition de loi pour taxer de 500 euros à l’achat tout véhicule diesel neuf, la sénatrice vient d’anticiper le rejet de cette dernière, et a présenté une version retravaillée de sa proposition de loi « relative à la nocivité du Diesel pour la santé ».

En effet, il y avait peu de chance pour que sa proposition de taxer de 500 euros les véhicules neufs roulant au diesel soit présentée en l’état. Aussi, Aline Archimbaud a préféré s’attaquer à un autre point beaucoup plus « acceptable » et plus en harmonie avec les dispositions déjà mises en œuvre : le bonus-malus. En rappel, l’actuel bonus-malus prend en compte les émissions de CO2 des véhicules. C’est à ce niveau que la sénatrice souhaite ajouter un autre système de bonus-malus qui serait calculé en fonction des émissions de particules fines et d’oxyde d’azote, communément appelé le Nox.

Alors certes, il n’est précisé nulle-part que le dispositif ne concernerait que les véhicules diesel. Mais il est très clair que ces véhicules représentent bel et bien la cible. Bien entendu, la démarche de la sénatrice va plus loin qu’une simple chasse au diesel, car celle-ci vise surtout à faire prendre conscience aux acheteurs de tous les polluants rejetés par les voitures.

« Le but de cette proposition est d'enclencher une dynamique positive. La population est aujourd’hui beaucoup plus sensible à cette question de la pollution automobile », précise-t-elle. Mais elle n’a tout de même pas manqué d’ajouter « en particulier par les moteurs Diesel ».

Jusque-là, la sénatrice n’est pas entrée dans les détails, mais les tarifs d’un tel bonus-malus pourraient bien se situer autour de ceux de l’actuel bonus-malus CO2, soit un bonus qui peut atteindre 6300 euros, et un malus pouvant s’élever à 8000 euros. Le même équilibrage serait également de mise : les automobilistes payant des malus financeraient les bonus. Reste à savoir si de telles dispositions réussiraient à renverser la tendance en France, qui penche aujourd’hui énormément pour le diesel.

D’après les chiffres du CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles) publiés ce 16 juin, on compte actuellement 62,1% de véhicules (19 millions de voitures) roulant au diesel, sur les 31,2 millions de véhicules âgés en moyenne de 8,5 ans constituant le parc des voitures particulières en France. Un chiffre en hausse d’un point par rapport à l’année dernière.

Au vu de ces chiffres, au lieu d’un renversement de la tendance, une ruée vers le « clean diesel » est beaucoup plus envisageable.